
Isolée dans un territoire irréel, une maison se dresse au milieu d’un paysage silencieux. Trois femmes y répètent des gestes ordinaires, portées par une fatigue ancienne, comme si leurs corps conservaient ce que les mots n’ont jamais pu formuler. Quelque chose, lentement, s’infiltre. L’air s’alourdit. La respiration se fait rare.
La voix se retire, diluée.
Une présence souterraine traverse l’espace, diffuse et insistante, resserrant peu à peu son emprise. Les corps cèdent, s’imbibent, se laissent absorber, jusqu’à ne plus faire distinction entre chair et matière. Le paysage lui-même se transforme, glissant vers un état fluide, instable, où les limites se dissolvent.
Tout finit par se confondre.
Lorsque le mouvement s’achève, il ne reste qu’une lumière fragile à la surface, mémoire muette de corps qui se sont laissés immerger.
Là où la voix n’a jamais résonné.


